Il y a soixante ans, elle arrive sur terre. Désirée, d’une famille de trois enfants, elle est la dernière. Terminologie d’une première naissance, non contrôlée, arrivée du pêché de l’amour (peut-être), hors mariage, additionnée d’une disparition d’embryon au centre, elle vient au monde, résultat espéré, pour une grossesse de la mère en toute sérénité. Seule petite ombre au tableau : un fils s’en trouve rêvé ! Choyée, entourée, avec une sœur, son aînée de quatre années, dévouée, attentionnée, aimante, elle vit une enfance paisible, elle rêve, elle joue à la poupée, elle reçoit ses copines dans la maison familiale, elle étudie le piano, elle skie, elle suit une scolarité (aidée de sa sœur aînée) qui la mène jusqu’au B.A.C. qu’elle obtient. Elle tombe amoureuse, se marie à renfort de plusieurs centaines d’invités, devient mère pour la première fois à l’âge de vingt-deux ans, pour sa fille aînée, et vingt-cinq ans pour sa seconde et dernière fille. Dans une belle et grande maison, elle mène sa vie de famille.

        Il faut dire qu’une ombre rode au-dessus d’elle depuis sa plus tendre enfance. Un caractère ombrageux lui colle à la peau. Peu partageuse, grande rapporteuse auprès des parents, un peu MOI-JE, un peu le CENTRE DU MONDE, renforcé à coup de « ma petite fille » largement diffusé par le père, elle se singularise avec une certaine âpreté dans la vie et manque de sympathie et d’empathie. Mais voilà, elle est mère, elle s’inscrit dans la droite lignée généalogique et on lui pardonne, à tort, tous ses caprices. Habituée à obtenir ses vouloirs, elle grandit avec ces préceptes-là ! Son caractère jaloux et envieux, conforté tout au long de sa vie, la conduit à toutes les exagérations égocentriques les plus variées les unes que les autres : 

aller aux toilettes au moment du paiement de l’addition, 

fêter l’anniversaire de ses filles chez ses parents qui paient l’addition, font la mise en table, le ménage et lui laissent emporter tous les restes du repas dans des boites : elle ne reçoit pas chez elle pour éviter les dépenses et le ménage,

lui octroyer un travail, payé sur la base élevée d’un temps plein, sur la société familiale à raison d’un amusement de dix heures par semaine, avec logement, véhicules gratuits pour elle et son époux, et décider selon son bon vouloir de retarder les paies des ouvriers, de s’approprier les cadeaux d’achats de papeterie, pour les offrir à sa famille, les jours de fête,

décider en son âme et conscience de qui peut approcher ou non ses filles, suivant les aléas de son caractère ombrageux, y compris pour ses parents qui gardent gratuitement ses filles pendant qu’elle travaille : une nounoue ça coûte.

Eh ! puis le divorce arrive au bout d’une dizaine d’années… Elle vit seule avec ses deux filles. Son père tond sa pelouse et accomplit divers travaux, même lorsque, plus tard, allongée sur une chaise longue avec son nouvel ami, le spectacle reste le même. S’en suit le départ de ses filles pour inconfort relationnel avec son nouvel ami, qui la quitte quelques mois plus tard ! Depuis, elle ère à la recherche de « quelqu’un qui saura la comprendre » dans un malheur à faire pitié!

PAR CHANTAL ART-DY

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