Je suis arrivé dans leur vie quelque part entre avant la naissance du petit et les premières années de sa vie.

Ils ne le savaient pas.

Avec le temps ils ont compris que quelque chose était là, mais sans me connaître vraiment, sans m’identifier. Et sans comprendre la dimension que j’occupais, la dimension que j’allais occuper, la dimension qu’ils allaient me faire prendre.

Car c’est bien eux, au fil du temps, qui allaient me donner tant d’importance. Et vous le verrez, je ne serai jamais autant présent dans leur conscience qu’après le départ de l’un d’eux.

Eux, c’est principalement celui que j’appelle le grand, le papa, et celui que j’appelle le petit, son fils. Mais c’est aussi toute la famille qui vit de riches moments de partages. Elle porte un héritage de passionnés et… d’émotifs, de grands sensibles.

Toute cette famille est en effet très soudée. Le grand et le petit se plaisent particulièrement à entretenir leur passion commune. Pour eux, la musique, les associations, l’engagement en tant que sociétaire, les amis, les projets, les examens, les concerts, les concours, les études, sont autant d’occasions d’échanger, de vivre d’intenses émotions, de partager des avis… d’être en désaccord parfois, ou en symbiose, souvent. 

Ce sont aussi beaucoup d’occasions d’être mutuellement fiers. Le grand est ouvertement fier, oh oui ! Le petit lui mettra un peu de temps à exprimer sa fierté envers le grand, mais il saura le faire !

Quand le petit devient adulte, ils partagent encore de très beaux moments en famille, ainsi que de la musique et des projets. Le grand est toujours aussi heureux d’être mis à contribution, pour soutenir son petit. Ces activités le rendent vivant, les rendent vivants, et… me rendent vivant ! Car je grandis, ils m’entretiennent malgré eux et je leur fais du bien.

Puis un jour, c’est l’accident !

Le cœur s’arrête… subitement… brutalement… méchamment… 

Enorme tristesse !

Passé le choc, je commence à vivre moins caché. Le petit me laisse enfin monter à sa conscience, mais sans tout de suite me faire de place… Car malgré moi je crée un malaise, je suis souvent douloureux. Avant un concert, pendant des répétitions, lorsqu’il pense au grand qui n’est plus là. Vivre sa passion devient parfois pénible… il ne comprend pas.

Grand naïf !!! Il s’imaginait que tant d’années d’intenses partages et d’émotions allaient rester sans conséquences ?!

Il a mis du temps à saisir ce que je suis et le bonheur que je représente.

Mais progressivement il a arrêté de me juger… il m’a laissé une place, a compris que rien ne me ferait disparaître. Je suis dans sa tête et il a envie que j’existe, toute la famille a envie que j’existe.

Alors il m’apprivoise, souvent avec joie, parfois avec mélancolie ou tristesse, voire avec douleurs. Mais il accepte ses états d’âme, les reconnaît et les traverse. 

Il fait de moi quelque chose de consciemment précieux et enrichissant, pour lui, pour ses proches et pour ses projets.

Il sait maintenant que je suis une force. Il chérit la communication que je permets avec ce grand qui est parti vers d’autres vies. J’ai enfin une place au grand jour, moi, le lien avec son cher papa, construit au travers de la musique et des sociétés, leur si grande passion.

PAR MURMUREMOTIONS

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