En ce vingt et un septembre deux mil vingt, veille du beau et juste milieu, du jour et de la nuit, par cette énergie particulière portée, un élan de gourmandise me guide à appuyer sur le sigle téléphone.  Je m’entends réserver une table pour deux personnes, la table numéro quarante, comme à l’accoutumée, question de confort procuré par une banquette moelleuse à mes muscles sensibles, pour le vingt deux, jour de l’équinoxe : prémisse de l’automne. L’été s’en va dans l’autre hémisphère terrestre et le printemps de l’hiver s’installe tout doucement à raison d’une perte de quatre minutes par jour !

       Je réalise, très vite, mon emballement, Gil étant au travail, à ce moment-là. Qu’à cela ne tienne ! Le menu proposé m’allèche au point de ne pouvoir annuler la réservation au Bistrot du Château du Stelsia : ma « cantine » attitrée et préférée comme la nomme si bien mon amie banquière normande, Sylvie. Le menu composé d’un œuf cocotte à la crème de petits pois et croutons beurrés, suivi d’un poisson vapeur toasté sur peau au beurre, posé sur un lit de rizotto aux herbes et crème d’épinard crue, terminé en apothéose par un « Paris-Brest » m’enivre de désir : je ne peux résister. 

       Un problème pourtant : j’ai réservé pour deux personnes et je me retrouve seule. Réflexion faite : je décide de jouer. Je m’empare de mon téléphone portable et rédige un message à l’attention de toutes mes connaissances amicales tant par WhatsApp, que Messenger et encore Facebook. Pratique inhabituelle chez moi, je ne mets pas ma vie en scène sur les médias ! Je publie le menu et rajoute une phrase : « Qui vient m’accompagner amicalement à ce dîner ».

       Les réponses négatives arrivent rapidement « désolé coupure travail trop courte » « désolé pas libre », etc…… Le doute s’empare de moi : ne pas partager l’excellence de ce repas et de ce lieu magique n’est pas envisageable.

       Je confie mon projet à la chance. Le jour J, au réveil, toujours pas de réponse positive. Je vaque à mes occupations et le téléphone sonne sur les coups de dix heures trente ! Etant en file d’attente, au laboratoire d’analyses de sang, pour une « prise de Bordeaux » je ne peux répondre.

       De retour dans ma voiture, je rappelle Michèle. Elle relève mon défi pour mon plus grand plaisir et j’apprends que le menu lui inspire gourmandise. Dans ce long espace covidien nous ne nous sommes pas revues depuis une éternité ! Je suis ravie de cette acceptation d’autant que Michèle se trouve être une charmante personne très réservée et très sélective : j’en suis d’autant plus flattée ! Rendez-vous est confirmé pour midi quinze sur place.

       Rieuse et satisfaite : j’ai joué, telle une enfant, avec le destin, la gourmandise et récompense j’ai reçue. La vie comme je l’aime : tendre des ponts spontanément sur des envies vives, spontanées, profondes, épicuriennes, « gourmettes » et gourmandes : l’essence de ma vie ! 

       Nous nous sommes régalées et j’ai poussé le bouchon assez loin, en demandant, à l’emporter, un dessert supplémentaire, pour le ramener à la maison et ponctuer, en grande surprise gourmande, le repas de Gil de retour de son travail vers quinze heures, pour sa plus grande joie.

PAR CHANTAL ART-DY

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