Il trottine sous le soleil couchant, dans l’ombre des grands bâtiments du centre-ville ; encore une belle journée d’août, une de celle où l’on prend son temps le matin à flâner au petit déjeuner ; à lire les nouvelles locales du journal, déposé plus tôt par le service abonnement dans la boîte aux lettres. Et si la chance nous appartient, le reste de la journée sera consacrée au farniente, seul ou entre amis ; une alternance nécessaire pour ceux qui souhaitent s’éloigner de l’effet routine et de l’ennui qu’ils y associent. Et pour ceux que le travail guette, la journée se fera hors du foyer.

La soirée pointe le bout de son nez, lui n’a jamais travaillé ; la journée, il fuit la chaleur, le soir, il s’active et recherche la compagnie ; pour l’instant il trottine dans le centre‑ville, la truffe à l’air, dans cette brise légère qui vient de se lever ; apportant une touche de fraîcheur parmi ces tonnes de béton qui commencent à rayonner et renvoyer la chaleur accumulée dans la journée.

– Cool cette vie de chien. Je n’envie en rien mon maître ; le propriétaire, celui qui me possède. Enfin, qu’il croit lui et tous ces humains ; ils ont aboli l’esclavage ; il était temps depuis ces milliers d’années. Mais nous les animaux, nous sommes encore esclaves. Juste avec ce prétexte de la race supérieure, caste intelligente qui dirige ceux qui ne le sont pas.

Il s’arrête et s’assied devant la vitrine du boucher ; il semble attendre. De l’autre côté de la rue, un papy assiste à la scène, étonné du comportement du chien. Ce même chien, Bobby, continue sa réflexion.

– Comment peut-on croire en ces dogmes‑là. Parce que l’on ne sait pas se parler ? qu’on ne sait pas se comprendre ? tu parles. Ils prêtent une once d’intelligence aux dauphins parce que soi-disant ils s’envoient des signaux pour communiquer. Mouais, nous, on se parle et on se comprend depuis des milliers d’années. Mais ils ne le voient pas.

Arrive un congénère qui salue notre premier compère canin :

– Salut Bobby.

– Salut Rex, je viens d’arriver. Belle journée, non ?

-Tu parles, moi je vis dans 45m², sous les toits, une vraie galère. Toi, dans ton joli pavillon, tu es climatisé et tu bénéficies d’un carré de verdure.

– Oui chanceux… Hé ! Regarde qui pointe sa truffe. Non, mais il abuse.

Alors Bobby se met à hurler en direction du félin qui progresse à pas feutrés.

– Hé ! t’es suicidaire ou quoi ? ici c’est moi le boss et je ne veux pas de chat, c’est clair ?

– Miaou. Maou Maou. Tchiiii.

– Je ne m’y ferais jamais, ils ne peuvent pas se mettre à parler, depuis le temps, lance Bobby à Rex.

Et Rex d’essayer de le calmer :

– Laisse tomber ces primitifs.

Mais Bobby n’y résiste pas et se met à courser le chat, Rex lui emboîte le pas. Et voici les deux chiens à courser le pauvre chat en aboyant du mieux qu’ils peuvent.

Le papy ne s’étonne pas de ce qui vient de se dérouler sous ses yeux.

– C’est cons les chiens. Il n’avait rien demandé le chat. Je te jure ces animaux.

PAR ASICQ

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